Conceptions du temps en (poly)amour

Notre société a plusieurs métaphores face au temps – ces métaphores en révèlent long sur nos priorités collectives. La plus commune est de voir le temps comme une ressource, une ressource limitée et rapidement épuisable, en forte demande, et ayant par conséquent une valeur. D’ailleurs, c’est ainsi qu’on rémunère votre temps, mais c’est aussi la base de plusieurs clichés « pop-philosophiques » du genre « Imaginez que vous débutiez chaque journée avec 86 400$ en banque mais qu’ils disparaissent à la fin de la journée ».

Comme le temps est une ressource que nous mesurons, que nous quantifions, ça nous permet de mettre des jalons à des quantités prédéterminées (que nous appelons des dates) et conséquemment de fixer des objectifs pour ces jalons. On veut être millionnaire à 40 ans, on veut prendre sa retraite à 55-60-65 ans, on veut finir d’acheter nos cadeaux de Noël pour le 23 décembre. Les relations n’y échappent pas: on veut être en couple à 25 ans, acheter une maison à 30 ans et avoir des enfants dans l’année qui suit, par exemple.

Ce n’est pas faux. Le temps peut effectivement être vu comme une ressource que l’on peut mettre à profit. On utilise le temps donné pour travailler sur une relation, atteindre des buts, progresser dans sa carrière. Cette métaphore sous-tend l’ascenseur relationnel. Mais ce n’est pas la seule métaphore qui tienne, au contraire. Il y en a au moins deux autres qui sont particulièrement appropriées pour les polyamoureux.

Tout d’abord, je suggère de voir le temps comme un espace que l’on occupe (ou pas). Les polyamoureux qui ont de la misère à jongler les rencontres dans leur agenda hyper-chargé comprendront instantanément ce que je veux dire. Au lieu de voir les jalons temporels comme des cibles ou des marqueurs, on peut les voir comme des frontières qui définissent un espace, espace qui sera consacré à une activité précise: passer une soirée avec son amoureux-se. Rencontrer des amis. Étudier. Ne rien faire (parfois, il faut délimiter un espace juste pour ça).

Si, dans la première métaphore, l’humain est en mouvement dans le temps (qui lui aussi est en mouvement) et cherche à atteindre un objectif donné, dans la seconde, il peut être immobile. Il occupe un espace de temps qui est d’ailleurs aussi immobile. L’important n’est plus nécessairement d’atteindre un objectif, l’objectif étant d’avoir immobilisé le temps pour vivre une activité précise.

Mais il rester une autre possibilité à explorer, soit que l’être humain demeure immobile, mais que le temps se déplace autour de lui. Autrement dit, au lieu de nous voir nous-mêmes motivés par un but, par un objectif, et agir en conséquence (une vision téléologique de l’existence et des relations) on peut aussi s’imaginer comme existant tout simplement dans le moment présent, nous adaptant aux circonstances, rencontres et partenaires qui nous sont présentés par les flots incessant du temps. Dans cette métaphore, le temps est un peu comme une rivière (« la vie est un long fleuve tranquille ») et le polyamoureux, un pêcheur au bord de la rivière qui savoure la journée et, occasionnellement, la prise que la vie laisse dans ses filets mais qu’inévitablement elle reprendra avec elle dans son cours. Autrement dit, un certain détachement face au futur permet l’appréciation plus complète du moment.

Toutes ces conceptions du temps sont valides et enrichissantes dans la mesure où nous sommes conscients de leur existence, bien sûr, mais aussi de leurs limites et de leur portée. Certains des stress vécus en relation (pas tous, loin de là) peuvent être ré-examinés à la lumière de la conception du temps. Sommes-nous trop en train de nous projeter dans le futur et pas assez en train d’essayer d’occuper le moment présent? Essayons-nous de contrôler le temps qui passe plutôt que d’en profiter? Nous voyons nous seuls dans le temps, ou en communauté? Et surtout, d’un point de vue éthique, l’ensemble de vos partenaires et vous êtes vous en phase sur vos conceptions du temps, et la façon dont vos relations évoluent à travers celui-ci?

La prochaine fois que vous sentirez que vous ne profitez pas pleinement d’un moment, posez-vous la question, et faites l’exercice de changer de métaphore. La nouvelle perspective pourrait s’avérer plus intéressante!

 

Diffusez-moi!

Relations multiples, deuils multiples?

Les ruptures et les deuils font inévitablement partie des relations amoureuses,  peu importe la durée de vie de celles-ci.  En multipliant les relations amoureuses,  ne risque-t-on pas de multiplier également les peines d’amour? Le polyamour est-il condamné à vivre un deuil perpétuel? Bien sûr que non. Mais si on examinait un peu plus pourquoi?

Il faut d’abord réfléchir à la nature du deuil. Celui-ci passe par une série d’étapes qui sont déjà bien connues: le choc,  le déni,  la colère,  la tristesse et l’acceptation. Cette succession d’étapes révèle la nature du deuil: il s’agit d’un processus. Comme tout processus, il démarre lorsque des conditions de départ sont réunies et prend fin lorsqu’un extrant final est livré.  Pour mieux appréhender le deuil il faut donc savoir quel est le résultat de ce processus. 

Je posite ici que le processus du deuil vise avant tout à créer du sens. Le choc au début du deuil perturbe le sens que l’on donnait initialement à une réalité. Pour réaligner notre vision du monde, les terribles soubresauts que l’on connaît (tristesse, colère) doive briser le déni et nos visions préexistantes du monde afin de permettre à une vision nouvelle d’émerger.  Cette vision n’est pas toujours adéquate.  C’est pour ça que le deuil n’est pas un processus linéaire.  La vision se forge,  se désagrège et se regorge à nouveau, entraînant nos émotions dans une spirale déboussolante. 

Dans une relation monogame,  plusieurs sens sont entremêlés: souvent, des objectifs de vie familiale, financière et émotionnelle se combinent. Le deuil peut devenir très ardu. Dans un contexte polyamoureux, ce n’est pas nécessairement le cas. La composante émotionnelle est généralement présente,  mais les autres varient selon les relations. Paradoxalement,  cela rend le sens de chaque relation beaucoup plus facile à percevoir. Fréquenter plusieurs personnes simultanément nous force en quelque sorte à découvrir ce qui est propre à chaque relation. Une des difficultés initiales du deuil monogame est que le sens de départ n’est pas toujours clair. Pour les polyamoureux cette recherche constante de sens est donc bénéfique.  

Ce n’est pas toujours le cas. On a tous entendus parle de polyamoureux pour qui la fin d’une relation à déclenché une spirale tragique menant à la fin des autres relations également.  J’avancerais ici que c’est un cas où la recherche de sens à du être menée après le choc initial, menant à plusieurs chambardement au gré du processus de deuil. 

Pour atténuer le deuil  (car celui-ci est tout de même inévitable) soyez donc en perpétuelle découverte de sens. Explorez avec vos partenaires ce qui définit vos relations. Apprenez à identifier ce qui les distingue. Et savourez-les dans le moment présent,  plutôt que dans l’avenir. 

Diffusez-moi!

Pouvoir et relations

Comme la plupart des aspects de la vie occidentale, les relations amoureuses « traditionnelles » sont construites autour de relations de pouvoir. Certaines de ces relations sont explicites, d’autres plus insidieuses, mais toutes sont potentiellement néfastes. Dans un cadre polyamoureux, cette dernière phrase est encore plus véridique – c’est une des raisons qui fait de l’anarchie relationelle une philosophie intéressante à pratiquer, peu importe la configuration amoureuse que vous préférez.

Mais revenons aux relations de pouvoir. Elles sont explicites dans bien des cas. Dans les liens légaux qui viennent avec la mariage ou les différentes formes d’union reconnues socialement, dans les avantages fiscaux qui s’appliquent au couple par exemple. C’est aussi explicite dans les règles, us et coutumes qui permettent à un(e) conjoint(e) de dicter à l’autre son comportement, et qui fond qu’un conjoint se sent légitimement « plus important » que les autres relations (du genre, je suis ta blonde/ton chum, je devrais être plus important-e que tes ami-e-s).

Les relations de pouvoir par contre peuvent être plus insidieuses, cachées, et parfois ne rien avoir à voir avec la relation elle-même. Les inégalités économiques entre partenaires de même que les disparités sociales peuvent influencer fortement la dynamique relationnelle au sein d’un couple. Combien de conjoint n’osent pas mettre fin à une relation en raison de la perte de sécurité financière, ou encore parce que leur réseau d’amis au fil du temps s’est étiolé?

Si vous multipliez les relations, vous multipliez également les relations de pouvoir potentielles. Les polyamoureux.ses ne sont donc pas à l’abri de cet enjeu. Les curieux qui ouvrent leur couple pour la première fois, par exemple, ont souvent tendance à mettre en place toute une série de règles à suivre ou à respecter. Idem pour les couples qui cherchent une licorne (une partenaire bisexuelle, souvent exclusive à leur couple et en relation avec les deux membres du couple) mais qui désirent ensuite lui imposer de sévères restrictions sur le type de relation qu’elle peut avoir avec eux, voire sans eux. Tous les polyamoureux plus expérimentés vous le confirmeront: les règles ne sont pas une stratégie viable à long terme. Elles ne font que cimenter le débalancement du pouvoir entre les parties, généralement pour répondre aux insécurités de la personne qui dicte les règles.

Sans m’attarder sur les règles (d’autres en ont parlé avec beaucoup plus d’éloquence!) les liens de pouvoirs peuvent aussi être cachés, implicites dans les relations. Par exemple, si une personne polyamoureuse croit que les relations sont « hiérarchiques », c’est à dire, que certaines ont une importance et une légitimité plus grandes que d’autres, cette personne va le démontrer non seulement dans ses relations avec ses partenaires, mais aussi avec ses métamours. Prenons par exemple Jean, Pierre et Annie. Jean et Pierre ont une relation que Jean catégorise comme « principale ». Annie et Pierre ont une relation qu’ils ne catégorisent pas, Annie étant anarchiste relationnelle. Dans cet exemple, Jean pourrait se sentir légitimé d’empiéter sur le temps qu’Annie et Pierre partagent ensemble parce que pour lui, la relation entre Jean et Pierre est plus importante que la relation entre Annie et Pierre. Ça revient à ce qu’on illustrait plus haut comme comportement: je suis ton chum, je suis plus important que ton amie.

Dans cet exemple, Jean impose sa vision hiérarchique des relations à une personne (Annie), possiblement deux si on inclut Pierre également. Il s’agit de structures de pouvoir traditionnelles, héritées de la monogamie, qui sont reproduites dans un modèle polyamoureux mais qui ne sont pas du tout acceptables (Annie ayant probablement une opinion bien différente de l’importance des relations).

On n’échappera jamais aux relations de pouvoir entre individus, mais afin d’y remédier, il est important de développer deux capacités. D’une part, il faut être capable de reconnaître et d’identifier les relations de pouvoir. Si vous ressentez une contrainte, et que cette contrainte provient d’une partie qui n’est pas directement concernée dans la relation, et que vous n’avez pas consenti à cette contrainte, vous identifiez probablement une relation de pouvoir. (Attention par contre, si vous identifiez une contrainte, mais que vous n’êtes pas directement concerné par la situation – par exemple si vous êtes hétéro et que le mariage gai vous offusque, vous identifiez une situation de privilège).  D’autre part, il faut être en mesure de mettre en place suffisamment de contrepouvoirs pour équilibrer le tout. La communication entre partenaires et métamours demeure la meilleure façon d’arriver à cet équilibre. L’affirmation respectueuse de ses droits, désirs et besoins est un premier contrepoids lorsqu’on empiète sur votre vie privée et souvent le seul qui sera nécessaire. Sinon, il est peut-être temps de mettre un terme à cette relation.

Diffusez-moi!

Exclusivité vs Transparence

Pour les gens qui effectuent le passage d’un mode de vie monogame à la non-monogamie éthique, certains comportements, émotions et habitudes sont difficiles à surmonter. On mentionne fréquemment dans les difficultés vécues la présence de jalousie et l’insécurité, et différents remèdes sont proposés pour y remédier. Je crois qu’il est utile par contre de réfléchir aux raisons pour lesquelles cette transition est si pénible parfois. J’avancerais qu’un univers où la monogamie est la norme a comme valeur centrale l’exclusivité (et ce, pas seulement dans les relations amoureuses) tandis que la non-monogamie a comme valeur centrale la transparence ou l’honnêteté radicale. Ces deux concepts peuvent parfois entrer en confrontation.

(AJOUT: lors de l’écriture du billet j’ignorais tout du mouvement Américain autour du « Radical Honesty » et je ne peux pas prétendre ici que j’adhère à ce mouvement ni à ses principes.  Fiez-vous plutôt à mes descriptions ci-bas pour comprendre ce que j’entends par honneteté radicale.)

L’exclusivité soutient l’univers monogame si intensément qu’elle en élimine à l’occasion la nécessité de communiquer. L’exclusivité devient ainsi réclusion, voir exclusion. Ce qui se passe entre deux personnes, de cette façon, ne peut appartenir qu’à ces deux personnes. Le couple s’appartient, autant émotionnellement que physiquement que financièrement (voire légalement). Chaque groupe, même les groupes non-amoureux, deviennent ainsi exclusifs. Ce qui se passe entre amis reste entre amis. On s’attend au secret et à la discrétion partout: c’est la caractéristique centrale des sociétés qui adoptent la monogamie. Cette discrétion est en soit rassurante: le silence vient confirmer qu’il ne se passe rien d’autre à l’extérieur du couple. Parler d’envies, d’attirances, de désirs qui minent l’exclusivité devient conséquemment dangereux, car la moindre brèche peut faire effondrer le mur isolant le couple des périls extérieurs. La communication devient secondaire, subordonnée à la protection du couple. Certains désirs et besoins ne peuvent être explorés, les partenaires peuvent être pris pour acquis, mais comme l’union va au-delà de l’amour et des besoins affectifs (le couple monogame étant une construction d’abord et avant tout économique) ces difficultés demeurent.

En contrepartie, la non-monogamie repose pour réussir sur la transparence. L’honnêteté radicale est nécessaire avec chaque partenaire pour bien présenter les attentes, les possibilités, et bien représenter les besoins et les désirs des personnes impliquées. Les contraintes, l’évolution des besoins, des désirs, et les transformations de chaque individu augmentent considérablement lorsque augmente aussi le nombre de partenaires. Impossible alors de s’en remettre aux sous-entendus, à l’opacité volontaire des propos et aux cachotteries puisque les autres réalisent rapidement l’incohérence entre ce qui est dit et ce qui est ressenti en ces circonstances. La transparence a l’avantage de s’étendre à l’ensemble de vos relations, peu importe la nature de celles-ci, et vous rend la vie beaucoup plus facile puisqu’il est inutile de se rappeler ce que vous avez dit et à qui.

Les difficultés des relations non-monogames débutent souvent lorsqu’un élément essentiel n’a pas été communiqué. Par exemple, si vous débutez une relation et que vous n’exposez pas clairement à votre nouvelle flamme le nombre de partenaires dans votre vie actuellement et l’intensité de la relation que vous partagez, cette nouvelle personne ne pourra pas comprendre la place que vous êtes prêt à lui faire, l’énergie et le temps que vous pouvez lui consacrer, etc. De même, si vous n’avisez pas vos partenaires lorsque vous vivez un épisode de NRE (new relationship energy, soit la passion des relations qui naissent) votre polycule aura de la misère à suivre et comprendre votre état émotionnel, ce qui peut générer du ressentiment, l’impression que les besoins d’autrui sont négligés, etc. Si vous vivez un moment difficile et que vous avez besoin de soutien supplémentaire, il faut aussi prendre l’habitude de le dire et de préciser quel est ce besoin. Tous ces éléments exigent évidemment un certain travail afin de parfaire sa connaissance de soi, mais ce travail vous aide à ajuster vos relations afin de répondre pleinement aux besoins et aux désirs de chacun des partenaires impliqués.

Tenter de passer d’une culture exclusive à une culture ouverte sans adopter cette transparence risque de créer des difficultés. C’est sans doute l’origine de la méfiance des gens qui pratiquent la non-monogamie envers les arrangements de type « don’t ask, don’t tell ». Le secret et la discrétion sont des caractéristiques des relations exclusives et ce genre d’arrangement cache souvent des infidélités ou des accords qui ne sont pas pleinement consentis ou compris. Même lorsqu’elle est consentie par les partenaires, cette ouverture secrète risque de créer des difficultés – comment planifier son horaire et ses sorties sans partager un minimum d’information sur ses autres engagements?

Élevés dans une culture du secret, l’honnêteté radicale peut sembler menaçante a priori, déstabilisante. Soyez certains cependant que la transparence paie et contribuera à fortifier l’ensemble de vos relations.

Diffusez-moi!

Paradoxes Zen pour les (poly)amoureux (et les autres!)

Il y a un charmant petit vidéo de College Humor qui circulait il y a quelque temps intitulé « Zen Paradoxes for Millenials. » Dans le même esprit, je laisse ici quelques paradoxes qui nous incitent à réfléchir sur nos  conceptions de l’amour, des relations et tout ceci, dans trop de prétention. (Le titre est évidemment un clin d’oeil au vidéo, je n’ai pas maîtrisé le Zen et non plus aucunement envie de tomber dans l’appropriation culturelle.)

Allons-y derechef avec le premier de nos paradoxes:

Si tu veux que ce soit à propos de toi, ce doit être à propos des autres.

Ou dans les mots d’une de mes anciennes gestionnaires: on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre. Mais bref: vous avez des attentes et des buts face à vos relations. Vous préférez tel ou tel comportement, personnalité, etc. Par contre, ce genre d’attente est à mon expérience presque universel. Si vous négligez de répondre aux attentes d’autrui, on ne répondra pas aux vôtres.  Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire dans les comptes de fées et romans à l’eau de rose, ce n’est pas quelque chose qui se met en place magiquement et sans effort. Il faut un investissement constant de la part des partenaires impliqués afin de comprendre l’autre, de le découvrir à chaque jour (car on change un peu, chaque jour, et on doit suivre cette évolution).

On ne s’attache qu’une fois qu’on a accepté de laisser aller l’autre

La possession est le plus grand danger menaçant l’amour. En traitant nos relations comme des biens qui nous appartiennent, nous commençons à les prendre pour acquis, à négliger leur entretien, à oublier qu’elles peuvent se terminer dans crier gare du jour au lendemain. En réalité  les relations sont fragiles et éphémères et ce sans exception. Nul ne sait quand la faucheuse viendra cueillir l’un des partenaires mais, sans être aussi dramatique, d’autres circonstances peuvent aussi transformer votre relation. En acceptant cela et en laissant l’autre libre de ces choix, chaque moment passé ensemble devient un engagement conscient et la richesse de ces moments augmente en conséquence. Le réel attachement commence alors seulement lorsque nous avons résolu de laisser à l’autre toute sa liberté.

La stabilité requiert l’instabilité

C’est un peu une prolongation du paradoxe précédent. La liberté est très imprévisible. L’incertitude qui lui est associée mine la stabilité souhaitée des relations. Pour se réconcilier avec cette réalité, il faut plonger au coeur de soi-même et découvrir qu’on ne peut travailler que sur la stabilité de nos émotions et de nos réactions. Ce calme intérieur nous permet de nous affranchir de l’égoïsme et de mieux appréhender la réalité perçue par nos partenaires.

Créer des liens entre les autres renforce les liens qui existent avec vous

Dans un contexte où les relations ne sont pas exclusives, qu’elles sont multiples, voire nombreuses, l’aphorisme ci-haut prend tout son sens. Lorsque le lien qui vous unit à l’autre peut être partagé, n’hésitez pas à mettre en contact des gens pouvant avoir plusieurs affinités. Vous contribuez ainsi à approfondir le lien qui vous unit à chacune de ses personnes. C’est un peu un dérivé de la théorie des réseaux sociaux, en mathématique. La position la plus enviable est toujours celle qui est connectée au plus grand nombre de réseau possible.

Je vous souhaite à tous de bons moments de méditation et une vie amoureuse bien remplie!

Diffusez-moi!

Apologie de la sapiosexualité

La sapiosexualité est de plus en plus répandue et revendiquée, alors il est dans la nature des choses qu’elle soit simultanément de plus en plus critiquée. Est-ce qu’on peut avoir une perspective anarchiste ou polyamoureuse sur les relations et se considérer comme sapiosexuel? Est-ce que ça existe même pour vrai? Et si on faisait un petit tour de la question…

Commençons d’abord par revenir sur la définition communément acceptée de la sapiosexualité: l’attirance envers l’intelligence, l’esprit d’une personne plutôt que son apparence physique. A priori ça semble bien beau, tout ça, surtout qu’on nous rabâche depuis le Petit Prince que « l’essentiel est invisible pour les yeux », et ça résonne bien avec les discours de « beauté intérieure », etc, etc. Effectivement, pourquoi ne pourrions-nous pas être attiré et aimer une autre personne en fonction de son esprit avant tout?

Les détracteurs de la sapiosexualité avanceront au contraire que cette dernière sert surtout à reproduire des schémas historiques de discrimination. L’intelligence, disent-ils, est trop souvent confondue avec l’éducation – académique on s’entend – et cette éducation défavorise de façon systémique les personnes racisées, neuroatypiques, les femmes, bref, toutes les personnes qui n’ont pas le privilège d’être un homme blanc. Donc, si vous vous allumez sexuellement avec votre partenaire en citant Foucault et Derrida dans les rayons du supermarché (fait vécu), vous reproduisez inconsciemment des relations de pouvoir qui discriminent contre une large part de la société (ce qui est particulièrement ironique considérant les auteurs cités dans cet exemple).

Une autre ligne d’approche revient à dire que puisque l’intelligence est déjà un grand critère de sélection, il est redondant, voire prétentieux, de s’affubler d’une étiquette supplémentaire, surtout si celle-ci ne révèle pas tant un élément de votre identité qu’une préférence. L’élément identitaire viscéral derrière les termes straight, queer, gai, lesbienne, pansexuel, asexuel – et j’en passe – ne se retrouve pas toujours chez les adeptes de la sapiosexualité. Ça devient plutôt une couche supplémentaire de prétention ou de raffinement (selon votre point de vue) dans la sélection d’un partenaire et découle surtout d’un effet de mode.

Ces deux critiques sont valides. La sapiosexualité cependant, pour les raisons exprimées ci-dessous, peut demeurer une préférence et parfois même une identité tout aussi valide, et il est par conséquent important d’être prudent avec nos critiques, surtout si nous ne connaissons pas tant les personnes à qui elles s’adressent. Alors, dans quels contextes pourrions-nous revendiquer la sapiosexualité? Voici quelques cas de figure. Ce n’est pas une liste exhaustive, bien entendu, et sentez-vous libre d’en ajouter en commentaires.

  1. Il s’agit réellement d’une identité. Il n’est pas vraiment acceptable de dire à une personne bisexuelle qu’il ne s’agit que d’une mode, que d’une phase (beaucoup le font, hélas, et c’est extrêmement blessant pour les personnes qui se le font dire). Par contre, la récupération de la bisexualité féminine à des fins phallocentriques est un phénomène réel qui vient encourager les « bi-négationnistes ». De la même façon, l’attirance vers l’intelligence (et voir la définition élargie plus bas) est également réelle. Dénigrer ceux pour qui il s’agit d’un trait identitaire fort parce que d’autres utilisent l’étiquette seulement pour séduire ou parce que c’est la mode revient à commettre la même erreur.
  2. C’est un fétiche assumé. La récupération de relations de pouvoir en tant que fétiche sexuel est une ancienne tradition. Une brève immersion dans la scène BDSM/kink vous convaincra rapidement. Le pouvoir allume, excite. La nature du pouvoir est variée et change selon les cultures, et fétichiser la connaissance serait possible dans pratiquement toutes les cultures où la transmission du savoir est encadrée, que ce soit par des normes formelles ou tacites.
  3. Ce n’est pas un critère d’exclusion ou de discrimination. C’est un argument central pour les polyamoureux notamment. On peut aimer plusieurs personnes en même temps. Être sapiosexuel ne signifie pas que chacun de vos partenaires devra se pointer avec Averroès, Césaire ou de Beauvoir lors de votre premier rendez-vous. Au contraire, la diversité est au coeur du polyamour et de l’anarchie relationnelle, et vous pouvez être attiré envers quelques partenaires par leur intelligence ou leurs connaissances, envers d’autres pour une variété de critères différents, etc. Si par contre la sapiosexualité est un écran pour cacher le racisme, l’utilisation du terme est inacceptable.
  4. L’académie n’est pas un proxy pour l’intelligence. C’est le point le plus crucial à mettre de l’avant, et ça nous ramène à la racine même du terme « sapiosexuel. » On pense à tort que sapio signifie uniquement intelligence. En réalité, au-delà du latin, la racine indo-européenne « sap » se retrouve dans plusieurs langues et signifie à la base « sentir/goûter. » On doit à cette racine évidemment les mots latin « sapiens » (sage) et grec « sophia » (idem), mais également les mots saveurs, sapidité, sève. Dehors l’académie, donc, l’intelligence est fondamentalement gustative. C’est notre capacité de goûter, de discerner, de sentir et d’apprécier les différences subtiles entre les mets, les odeurs, les idées, les concepts et les gens. Est-il possible de transformer cette capacité en instrument de discrimination pour renforcer les privilèges? Oui, ne le nions pas. Rien ne crie plus au privilège que la capacité (ou simplement le désir) de différencier un Château Latour d’un Château Margaux. Mais encore une fois ne nous limitons pas à cet élément. Revendiquons aussi le droit de goûter et d’apprécier ce qui est partagé en communauté: la caresse du soleil à l’aube, l’odeur d’un champ en été, le grain de la peau de votre partenaire.

Voici en quelques mots pourquoi je revendique le droit à la sapiosexualité: un monde sans sapio, c’est un monde sans saveur.

Diffusez-moi!

L’accompagnement et la solidarité

Les relations non-monogames éthiques n’auront jamais été autant sous les feux des projecteurs. Les références dans la culture populaire y sont de plus en plus fréquentes et le sujet n’est plus aussi tabou. Paradoxalement, cette nouvelle acceptation de modes de vie amoureux différents se fait en parallèle avec une montée inquiétante du conservatisme, couronnée par l’élection d’un fou furieux doublé d’un narcissique au sud de la frontière, mais tout aussi perceptible dans le discours (et les intentions de vote) en France, au Canada, en Grande-Bretagne et ailleurs.

Dans les circonstances, la solidarité est de mise et devrait se manifester avant tout par l’ouverture aux questionnements des curieux. S’il est vrai qu’on peut arriver au polyamour, à l’anarchie relationnelle ou au couple ouvert par différents chemins (inné chez certain, long cheminement philosophique pour d’autres, et parfois simple curiosité), il n’en demeure pas moins qu’une majorité de personnes font le saut d’une vision plus traditionnelle et désuète des relations (monogamie hétéronormative exclusive aux fins de reproduction) vers un cadre qui correspond aujourd’hui plus à leurs aspirations. Ce faisant, il est nécessaire d’abandonner certains repères et d’en construire d’autres.

J’appelle alors les gens qui ont déjà plus d’expérience avec les concepts de base de la non-monogamie éthique à s’impliquer de plus en plus activement dans leur communauté afin d’appuyer celle-ci. Si ce n’est déjà fait, familiarisez-vous avec les textes classiques (La salope éthique/The Ethical Slut, More than Two, Opening Up, Le guide des amours plurielles, etc.). Il y a plusieurs façons différentes de vivre la non-monogamie éthique et ces textes vous donneront des perspectives intéressantes sur les façons qui diffèrent de la vôtre, mais qui pourraient répondre aux questions qu vous recevrez. Plutôt que simplement orienter les curieux vers ces livres (ce qui n’est pas mauvais en soi, ceci dit), vous pourrez les conseiller avec des passages qui correspondent plus exactement à leurs interrogations.

N’hésitez pas à rejoindre et à participer aux échanges au sein des nombreux groupes Facebook regroupant les communautés polyamoureuses (il y en a certainement une dans votre région, une simple recherche sur les termes Polyamour, Anarchie Relationnelle, Amours Plurielles, Non-Monogamie Éthique vous suffira à les retrouver). Soyez patients, n’oubliez pas qu’il s’agit d’une première expérience pour plusieurs participants et du premier « safe space » pour poser des questions et faire part de ses inquiétudes pour plusieurs d’entre eux, ce qui peut donner l’impression que tout le monde cherche une bouée de sauvetage. Partagez vos expériences positives aussi car on apprend autant par l’exemple que par la lecture.

Enfin et surtout, soyez conscient des inégalités potentielles lorsque vous êtes en relation avec une personne qui commence à explorer les relations non-monogames éthiques. Il est toujours bon de se rappeler le « Campsite Rule » de Dan Savage dans ces circonstances: la personne la plus âgée/expérimentée dans une relation doit toujours faire de son mieux afin de s’assurer qu’à la fin de la relation, l’autre ou les autres partenaires se retrouvent en aussi bon, sinon en meilleur état physique et émotionnel qu’auparavant.

Une dernière note: avec la popularité des termes vient également le détournement de sa signification. Attendez-vous donc à voir plus de gens qui se prétendent « polyamoureux » sans que leur conjoint-e ne soit au courant (alors que le polyamour se veut nécessairement transparent), des « anarchistes relationnels » qui masquent l’égoïsme et l’absence d’implication derrière cette philosophie (alors que l’anarchisme est avant tout orienté vers la communauté et la gestion participative), ainsi de suite. Éduquez-les  d’abord en privé sur la vraie signification de ces termes, car la communauté n’est pas si grande qu’elle peut se permettre d’entretenir des conflits et des médisances qui pourraient être facilement évitées. Mais si le message ne passe pas, n’hésitez pas à les identifier afin de protéger le reste de la communauté.

Diffusez-moi!

Le mythe du deuil perpétuel

Certaines personnes, remarquant que les polyamoureux vivent leur lot de ruptures à des fréquences apparemment plus élevées que les monogames plus traditionnels, en arrivent facilement à la conclusion que les relations polyamoureuses ne sont pas stables ni sérieuses. C’est, malheureusement, un biais fréquent, mais le revers de la médaille est plus rassurant: c’est surtout une question d’incompréhension et de méconnaissance du contexte.

Si on prend la durée comme un critère de réussite (et on peut en débattre, j’y reviens plus bas), alors ça peut sembler inquiétant. La sagesse populaire regorge de barèmes qui identifient les étapes déterminantes d’une relation. On parle par exemple du seuil des 3 (3 semaines, 3 mois, 3 ans), de l’écueil des 7 ans, etc. Un sondage britannique paru en 2014 établissait la durée moyenne d’une relation à 2 ans et 9 mois. Ça semble court, mais comme il fallait à ces personnes entre 7 et 8 relations avant de tomber sur « la bonne personne », ces données font pas mal de sens.

Qu’est-ce que ça signifie concrètement pour les polyamoureux? Et bien, si on prend l’hypothèse que les durées de relations sont sensiblement les mêmes (on pourrait débattre de cette hypothèse, j’y reviens plus loin), un polyamoureux, selon le nombre de relations vécues au point de saturation vivra des deuils de façon assez régulière. Petite démonstration:

  • 1 partenaire: un deuil aux deux ans et 9 mois
  • 2 partenaires: un deuil à chaque 16 ou 17 mois
  • 3 partenaires: un deuil aux 11 mois
  • 4 partenaires: un deuil au 8 mois
  • 5 partenaires: un deuil aux 6 ou 7 mois
  • 6 partenaires: un deuil aux 5 mois et demi

Et ainsi de suite. Mais si effectivement seulement une relation sur 7 ou 8 débouche sur une relation à long terme, ceci signifie qu’à l’exception d’une ou deux relations primaires, nos polyamoureux moyens peuvent vivre des deuils à une vitesse beaucoup plus élevée. Conséquemment, selon le point de saturation, il est tout à fait normal qu’ils apparaissent vivre une succession de rupture, même si les relations vécues ont exactement les mêmes caractéristiques de longévité que les relations monogames.

De surcroît, comme on reconnait plus souvent les événements marquant que l’absence d’événement (une rupture frappe plus l’imagination qu’une absence de rupture, il faut l’admettre), cette suite de ruptures laisse une impression différente dans l’esprit des gens monogames, qui pensent rarement à vous demander, en moyenne, la durée de vie de vos autres relations.

Ceci dit, la durée de vie est loin d’être le seul facteur de réussite par lequel nous pouvons évaluer une relation amoureuse. En fait, parler de « réussite » et de relation est en soi un piège. Il n’y a pas de mesure de succès, pas de notes de passage, pas de récompense au prochain niveau. Les relations n’ont pas besoin d’être pérennes pour être significatives, et tel que mentionné dans un billet précédent, une rencontre de quelques heures pourrait fort bien avoir un impact marquant et favorable sur l’ensemble de votre vie.

Ceci pourrait d’ailleurs expliquer une autre perception, qui fera l’objet d’un billet ultérieur: l’apparente facilité des gens non-monogames à nouer de nouvelles relations. Les polyamoureux seraient possiblement plus à l’aise avec l’idée d’explorer rapidement de nouveaux liens de nature romantique et/ou sexuelle. Intuitivement, cette idée pourrait faire du sens – je tente présentement de modéliser ce concept en utilisant la théorie des jeux. Si un lecteur avide de mathématiques a envie de me donner un coup de main, je ne dirais pas non!!!

En attendant, si jamais on vous fait des reproches sur la durée de vos relations, vous saurez que vous avez au moins deux approches qui vous permettront de rappeler gentiment à votre interlocuteur de se mêler de ses affaires. D’une part, le biais de perception ci-dessus illustré, et d’autre part, le préjugé auquel s’accroche l’autre personne qui fait de la durée le facteur principal de réussite d’une relation.

 

Diffusez-moi!

L’écoute et l’accueil

On répète souvent – et inlassablement – que le succès des relations polyamoureuses repose d’Abord et avant tout sur le maintien d’une bonne communication. Ce conseil s’applique sans doute à n’importe quelle relation, amoureuse ou pas, exclusive ou pas, alors ça vaut la peine de prendre quelques minutes pour l’approfondir davantage. Évidemment, il y a plusieurs formes de communication dans une relation. Certaines formes sont basées sur l’interaction. Dans ce cas, ce n’est pas le contenu de ce qui est échangé plutôt que le contexte, l’échange, la participation qui soude les participants. Souvent ce sont des échanges humoristiques, ou conventionnels, culturels. D’autres formes de communication sont axées sur la résolution des conflits ou sur la découverte d’information. Ce sont dans ces circonstances qu’il faut faire preuve d’un peu plus de doigté.

Vous avez sans doute vu passer une variante de l’expression suivante sur les réseaux sociaux: « le problème des gens aujourd’hui est qu’on n’écoute pas pour comprendre, on écoute pour répondre. » Si cette technique fonctionne à merveille en politique ou dans les médias, ou encore pour troller sur le web, ça ne vous mène pas bien loin lorsque vient le temps de construire une relation mutuellement enrichissante. Dans les situations plus tendues ou intimes, écouter pour comprendre vous servira plus efficacement.

Le premier conseil, donc, afin d’éviter « d’écouter pour répondre », sera de ne pas répondre, tout simplement. Il ne suffit pas de rester de marbre, évidemment. Vous devez manifester votre présence concrètement, en encourageant l’autre à s’exprimer. Un silence actif et engagé (par opposition à un silence absent et indifférent) a plusieurs avantages. D’abord, la nature ayant horreur du vide, le silence mènera souvent les gens à approfondir davantage ce qu’ils viennent d’exposer. Ensuite, dans les situations tendues, on lance parfois des appâts à l’autre afin d’envenimer une situation et en évitant de répondre, vous éviterez de tomber dans le panneau.

Ayant évité d’écouter pour répondre, vous devez maintenant vous assurer d’écouter pour comprendre. Le piège ici est évidemment la fausse compréhension. Nous avons évolué afin de réagir rapidement à une situation donnée et notre réflexe premier est de catégoriser ce que nous percevons selon nos préjugés ou nos expériences antérieures. Ceci est inefficace en communication car cela réduit le discours de l’autre à vos propres expériences et vous empêche de percevoir le caractère unique ou nouveau de leur propos. Un truc très simple pour éviter cet écueil est de favoriser les questions ouvertes lorsque vous relancez l’autre. Ainsi, au lieu de dire « tu as dû te sentir vraiment en colère/heureux/triste/etc. » selon les circonstances, demandez plutôt à l’autre de vous décrire ce qui a été ressenti.

Posez cette question afin d’éviter de poser un jugement, et efforcez-vous d’éviter le jugement par la suite. Vous pouvez parfois ne pas être d’accord avec le discours ou les motivations apparentes de quelqu’un, mais sans connaître en détail les circonstances de vie qui affectent les choix et les paroles d’autrui, votre jugement pourrait se révéler fortement teinté de préjugé. Dans un autre domaine, on préconise la technique des « cinq pourquoi » afin d’arriver à la cause fondamentale d’un enjeu. C’est à dire qu’il ne faut jamais s’arrêter à la première cause identifier, mais essayer de comprendre d’où vient cette cause en relançant, puis en relançant encore, et ainsi de suite.

Ces brefs conseils ne vous indiquent pas comment résoudre tous les conflits qui peuvent survenir dans vos relations, mais au minimum vous permettront d’éviter de les envenimer. En ayant une approche axée sur l’accueil de l’autre, sur sa découverte, sur l’acceptation de son propos vous ne pourrez que vous aider mutuellement.

Diffusez-moi!

Anniversaires et dates importantes

Sans même que je m’en rende compte, ce blogue a célébré son premier anniversaire la semaine dernière. Trop occupé par la vie de tous les jours pour le souligner, je me reprends cette semaine et j’en profite, temps des Fêtes oblige, afin de revenir sur une des complexités propre à la non-monogamie éthique: comment prioriser les rendez-vous lors des événements importants. Par exemple, avec qui célébrer le Nouvel An? La Saint-Valentin? Comment déterminer dans quelle personne inviter?

Même pour l’anarchiste relationnel (et l’anarchiste tout court) qui voit dans ses fêtes la reproduction de modèles et de conventions sociales auxquelles on peut choisir de ne pas souscrire, la question se pose. Nos partenaires peuvent en effet accorder une toute autre signification à ces événements. Difficile de ne pas en tenir compte, et difficile dans tous les cas de ne pas être emporté par le tourbillon qui entoure chaque célébration à moins de vivre tel un reclus dans les bois. Ce qui n’est vraiment pas mon cas.

Si je n’ai pas de règles fixes à vous proposer, j’ai tout de même quelques conseils à appliquer par expérience.

Premièrement, la hiérarchie ne signifie pas qu’il faille pour autant ignorer ses partenaires secondaires dans les moments importants. Ceux-ci comprendront que vous voulez consacrer du temps à votre partenaire principal, mais dans une relation polyamoureuse saine, votre partenaire principal devrait également comprendre qu’il est important pour vous de souligner ce temps de l’année en compagnie de vos autres relations amoureuses.

Un truc pratique est de ne pas s’engager d’abord sur les dates, mais de commencer de façon tout à fait transparente à demander les disponibilités de chacun-e-s afin de voir la façon la plus simple dont l’horaire peut s’arranger. Ce simple geste envoie un message comme de quoi vous désirez traiter l’ensemble de vos partenaires équitablement.

Priorisez ensuite non pas par la hiérarchie, mais par la rareté des plages horaires communes ainsi qu’en fonction des éléments incontournables. Par exemple, votre réveillon en famille, ou des événements prévus avec vos enfants peuvent revêtir une importance primordiale. Vos partenaires ont sans doute ces mêmes choses à l’horaire. Prenez soin de partager ces éléments.

Soyez enfin ouverts aux suggestions alternatives. Le temps des Fêtes par exemple est propice aux célébrations, mais il peut s’agir aussi bien d’un brunch que d’un souper gastronomique ou que d’une soirée endiablée. N’hésitez pas à inviter plusieurs personnes, tout comme vous devriez être prêt à accepter une invitation sachant que vos métamours seront aussi présents. Il faut faire preuve de flexibilité et d’ouverture après tout pour être en mesure de partager quelques moments avec tous les gens qui comptent pour nous.

Je serais plus qu’heureux d’entendre parler de vos trucs et astuces afin de gérer ces horaires délicats, et je vous invite à nous en parler dans les commentaires!

Diffusez-moi!